Le CODELA

Conjoncture Mars 2007

Rédigé en Mars 2007 - Rédacteur : Gildas FOUASSON


Contexte national

 

Le produit intérieur brut a atteint en France 1 777,3 Mds €, après une croissance de 2 % par rapport à 2005 (1). La consommation des ménages en a été le principal moteur : elle pèse 56 % du PIB et a progressé de 2,7 % par rapport à l’année précédente.

L’investissement atteint 361 Mds €, en hausse de 3,8 % pour les entreprises non financières (même rythme qu’en 2005) et de 2,5 % pour les ménages, en légère décélération. Les dépenses des administrations (418 Mds) sont pour leur part en hausse de 1,9 %. Le commerce extérieur a fait preuves de dynamisme (exportations et importations en hausse respectivement de 6,2 % et 7,1 %), mais le solde négatif de 30 Mds € retire 0,4 point de croissance.

 

La consommation des ménages a pu être alimentée par une évolution favorable du pouvoir d’achat d’une part (l’indice du salaire de base a progressé de 2,6 % et les prix à la consommation de 1,5%) et du nombre de personnes au travail d’autre part : la baisse du chômage a atteint 10,5 % sur un an et les effectifs dans les secteurs principalement marchands ont progressé de 0,9 % (2).

L’investissement des entreprises a été tiré par l’industrie (+3,9 %), alors que celui des services ralentit (+2,1%) après 2 années dynamiques (3).

Le tissu économique enregistre par ailleurs l’arrivée de nombreuses nouvelles entreprises. Le record de 2005 est battu en 2006 avec 233 000 entreprises créées (4).

 


Contexte local

 

Les commandes chez Aker Yards, les perspectives de développement de Kuhn-Huard (fabrication de charrues, Châteaubriant) comme les développements de Suravenir Assurances (Orvault) ou d’IMA Technologies (centre d’appels, Nantes) témoignent de cette bonne santé, même si des restructurations touchent en permanence le tissu économique à l’image des difficultés de Bahuaud (négoce de vin, la Chapelle Heulin) ou des menaces  qui pèsent sur Cycleurope (fabrication de cycles, Machecoul).


Globalement, l’évolution de l’emploi salarié régional traduit un dynamisme plus marqué qu’au niveau de la France entière.  Avec 19 600 salariés de plus, la région enregistre une progression de 2,1 % parmi
les plus élevées du pays dont le résultat s’établit de son côté à 1,3% (5).

La Loire-Atlantique contribue fortement à ce bon résultat puisque l’emploi salarié y progresse de 3 % pour atteindre près de 350 000 salariés.  L’industrie y maintient son potentiel (+0,1 % à 70 285 salariés), la construction reste très dynamique (+4,6 % à 31 436) ainsi que le tertiaire (+ 3,6 % à 248 227)(6).


Le taux de chômage départemental poursuit sa décrue et s’établit à 7,8 % (8,6 % au niveau national et 7,3 % au niveau régional) (7).

 

Les zones d’emploi de Nantes et Châteaubriant enregistrent des taux inférieurs à la moyenne départementale à respectivement 7,8 et 7,1 %, tandis que celui de la zone d‘emploi de Saint-Nazaire atteint 9,2 % (8).

 


Perspectives 2007

 

Les prévisions pour 2007 sont dans l’ensemble prudentes. La plupart des analystes tablent sur un contexte international moins porteur du fait principalement du ralentissement que l’économie américaine pourrait subir.


Pour la France, les prévisions de croissance plafonnent à 2 % (9), avec les mêmes moteurs qu’en 2006 : consommation des ménages d’une part et investissements d’autre part, avec pour ces derniers un plus fort dynamisme des entreprises et la poursuite de la décélération des ménages. Le taux de chômage devrait poursuivre sa décrue pour s’établir à 8,2 % en juin 2007, mais une polémique naît en ce mois de mars sur la réalité des chiffres du chômage. L’INSEE reporte en effet à septembre la diffusion des  résultats de l’enquête emploi 2006, au lieu d’une présentation en mars, celle-ci donnant des résultats en contradiction avec les autres sources utilisées.


En région, l’activité est favorablement orientée pour l’ensemble des secteurs mais une certaine prudence commence à s’afficher en février en Loire-Atlantique (10).

L’actualité économique est il est vrai dominée par les restructurations des 2 grands groupes Airbus et Alcatel-Lucent. Airbus vient d’annoncer la suppression sur 4 ans de près de 20 % de ses effectifs européens, soit 10 000 personnes dont 4 300 en France. Ce plan se traduit en Loire-Atlantique par le transfert de Saint-Nazaire vers Montoir de Bretagne de l’activité « tuyauterie ». Des sous-traitants seront recherchés pour les activités de tôlerie et d’étirage de panneaux et la décision d’externaliser ou non l’usinage reste à prendre. Le sureffectif est estimé à 350 personnes à Saint-Nazaire et 300 à Bouguenais, dont la moitié chez les sous-traitants.


ALCATEL-LUCENT annonce la suppression de 1 380 postes en France (12 % de ses effectifs nationaux) dont 435 en Bretagne (Ille et Vilaine et Côtes d’Armor) pour lesquels des reclassements seraient néanmoins proposés à Orvault. La pression sur les prix est par ailleurs continue sur les sous-traitants automobiles comme en témoignent les inquiétudes autour de Trelleborg, la délocalisation d’une partie de l’activité de WALOR (Legé) ou les difficultés d’ASKEA Industries (anciennement Atlancim) à Clisson.


Simultanément, le désengagement d’AKER de la construction navale, 1 an après la reprise par sa filiale AKER YARDS des Chantiers de l’Atlantique à Alstom, suscite des interrogations. Quel actionnaire de référence demain ? quelle capacité à faire face aux fortes variations d’activité caractéristiques de la construction navale ?


Toutefois, les bons carnets de commandes d’AIRBUS comme d’AKER YARDS tirent l’activité et lui donnent un horizon dégagé à moyen terme. En outre, les projets significatifs annoncés comme l’usine HCI (investissement de 57 M€ à Herbignac) témoignent de la vitalité du tissu industriel départemental. Les fabricants évoluant sur un marché régional profitent de son dynamisme démographique et, à l’image de Saunier Duval et Manitou par exemple, plusieurs des grands industriels départementaux ont des positions internationales fortes.

                                                                                    

 


 

(1) INSEE, Compte nationaux - 1ers résultats dans Informations rapides n°57 du 20 février 2007. 

Les valeurs brutes sont données en euros courants et les variations à partir des valeurs en euros constants.


(2)
 
Ministère de l’emploi de la cohésion sociale et du logement – Direction dde l’animation de la recherche et des études statistiques (DARES) : Activité et conditions d’emploi au 4ème trimestre 2006 – résultats provisoires n°08.2 février 2007.


(3)
 INSEE Op. Cit.

(4) 
INSEE : INSEE Première n°1120 janvier 2007.

(5)
 
UNEDIC – Direction des études statistiques (DES) : Emploi salarié au 3ème trimestre 2006
14 décembre 2006.

(6)
 ASSEDIC Pays de la Loire. L’évolution est ici aussi calculée de septembre 2005 à septembre 2006.


(7)
 DRTEFP Pays de la Loire : Marché du travail et politique de l’emploi – janvier 2007, diffusion 28 février 2007, taux au 31 12 2006.


(8)
 DRTEFP Pays de la Loire : Marché du travail et politique de l’emploi – décembre 2006, diffusion janvier 2007, taux au 30 09 2006.


(9)
INSEE : Note de conjoncture décembre 2006.Centre de Prévision de l’Expansion, tableau de bord n°160 février 2007.


(10)
Banque de France des Pays de la Loire : vue d’ensemble de l’activité économique février 2007.